Virginie Efira : « La vie a toujours plus d’imagination que nous »



La Croix L’Hebdo : « On a tous besoin d’une médaille », disait votre personnage dans Le Grand Bain, en 2016. Après quelle médaille avez-vous couru, vous dont le parcours est si atypique, de votre travail de serveuse en discothèque au cinéma d’auteur, en passant par les émissions de variété à la télévision ?

Virginie Efira : L’idée de médaille ne me parle pas trop. Elle implique une compétition, un vainqueur… Je dirais plutôt qu’on a tous besoin d’être reconnus comme des individus valables. (Elle fait une pause.) A-t-on jamais un seul moteur ? Qu’est-ce qui vous fait courir ? Ça ne s’accroche pas à un endroit concret et matériel, comme s’il existait une position où, là, vraiment, tout serait harmonieux, bénéfique et heureux.

Cette place-là est en mouvement, tout le temps. L’idée, c’est de chercher l’endroit où l’on a l’impression de se trouver valable. Pas génial, juste valable. La reconnaissance permet d’arrêter de vous interroger sur vous-même, j’ai quand même passé beaucoup de temps à me dire que j’étais nulle, ce qui est aussi vaniteux que de passer son temps à dire qu’on est génial…

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Aujourd’hui, je sais que mon travail au cinéma prend vraiment son sens dans le collectif. Croire en quelque chose de plus grand que nous, tous ensemble. C’est ça, finalement, la médaille : arriver à trouver des gens qui ont un désir de beauté, d’art, et le partager avec eux physiquement, pas seulement intellectuellement. Autrefois, à la télévision, je pouvais m’amuser, bien sûr, installer de la drôlerie au cours de moments sérieux. Mais l’argent, la notoriété, la réussite ne me comblaient pas. À l’intérieur, il me manquait un sens.

Avez-vous le sentiment d’être devenue l’actrice que vous rêviez d’être, enfant ?

V. E. : Un peu, oui. (Silence.)

C’est satisfaisant ?

V. E. : (Elle hésite.) Une vie satisfaisante est-elle celle qui colle à ses désirs d’enfant ? On tient peut-être à des choses quand on a 7 ans et, heureusement, c’est différent à 40. Et puis, si vous n’accomplissez pas les ambitions que vous aviez à 7 ans, avez-vous raté votre vie ? Non. Quand je présentais le hit-parade, je ne voyais pas bien comment Paul Verhoeven pouvait entrer dans mon existence. (Rires.) Je ne me disais pas que j’avais raté ma vie. Mais à l’époque, j’avais un peu honte de moi.

Honte ? Le mot est fort.

V. E. : La honte de soi, nous sommes assez nombreux à l’avoir fréquentée. Se rendre compte qu’on est un peu banal, qu’on ne réfléchit pas à la hauteur à laquelle on aimerait accéder. Durant toute une période, j’avais de grandes espérances, mais j’étais serveuse en boîte de nuit. Puis, après être partie du Conservatoire, je suis entrée dans une école de théâtre où tout le monde est passé en deuxième année sauf moi. Les autres me renvoyaient clairement l’idée que je n’étais pas très intéressante.

Un jour, alors que la télé m’avait fait acquérir une certaine notoriété, un ami m’a demandé de rencontrer des enfants en difficulté. Pff, j’y suis allée, mais qu’est-ce que j’avais à leur transmettre ? Rien. Quand l’un d’eux m’a demandé si je jouais d’un instrument de musique, j’ai menti et j’ai dit oui. C’était faux. Mais que vouliez-vous que je leur raconte ? Même quand je lisais mes journaux intimes, je les trouvais tellement creux que j’écrivais des pages sur la peine de mort aux États-Unis… Si quelqu’un était tombé dessus, il se serait dit : « Cette fille n’est pas complètement débile, elle a quand même une conscience… »

Après, tout peut se transformer. Ce que j’aime bien dans mon parcours, c’est qu’il raconte quand même que l’on n’est pas déterminé par une seule et même chose. Je n’ai pas grandi dans le milieu du cinéma, mon père était hématologue, je suis originaire de Belgique. La vie a toujours plus d’imagination que nous.

Quel était votre moteur ?

V. E. : Aujourd’hui, je suis contente d’avoir continué à chercher l’endroit où je me sentirais vraiment bien. À la télévision belge, je me souviens d’un grand espace de maquillage où attendaient des speakerines, présentes à l’antenne depuis des décennies. Il y avait là comme une immense tristesse.

À ce moment-là, rien ne vous garantit que vous allez partir de cet endroit, que vous n’allez pas y rester toute votre vie et, à la fois, je sentais que je devais tenter d’autres aventures. Je n’avais pas d’enfant, je n’avais pas besoin d’argent, qu’est-ce que j’avais à perdre ? C’est par l’expérience, en essayant différentes choses, que vous trouvez l’endroit qui vous correspond. Cela ne peut venir que de vous…

Quel était votre rêve, au fond ?

V. E. : (Elle hésite longuement puis, timidement, livre…) C’était d’être actrice de cinéma. C’est très commun. Et quand je le dis, là, devant vous, la honte peut revenir.

Pourquoi ? Beaucoup de jeunes ont des posters d’acteurs ou d’actrices dans leur chambre…

V. E. : Oui, mais chez moi, il y avait pire que ça, j’avais envie de notoriété. Dans les années 1990, à l’époque des top-modèles, j’avais gardé des photos d’elles très bien rangées et mon père est tombé dessus. J’ai senti qu’il était interloqué, me jugeant superficielle. Et je partageais son avis. Qu’est-ce que cela voulait dire, de s’intéresser à ça ? Aujourd’hui, pour ma fille, j’aurais beaucoup plus de clémence. Pourquoi ne pas rêver à des femmes que l’on trouve belles, sur lesquelles on peut placer un fantasme, qui ont une féminité exacerbée ? À ce moment-là, je me disais : « Je ne suis quand même pas très… » (Elle ne finit pas sa phrase.)

Désormais, je me dis que c’est un chouette rêve de vouloir être actrice de cinéma : trouver une manière d’être avec les autres pour raconter des histoires. À l’époque, je voulais sans doute combattre cette idée médiocre pour essayer de faire quelque chose…

De plus noble ?

V. E. : Aujourd’hui, je veux juste faire ce qui compte pour moi. Et j’essaie d’y parvenir en tentant de toucher les gens avec le geste le plus intime qui soit : lâcher de soi-même devant une caméra. Je l’ai compris, à 16 ans, quand ma tante m’a emmenée au cinéma voir Épouses et concubines de Zhang Yimou. Je ne connaissais que les films américains, alors un film chinois… Cela a été un choc. Pour la première fois, je me sentais proche de quelqu’un qui n’avait rien à voir avec moi. Cela m’a ouvert des horizons.

Au début de votre carrière, vous évoluiez essentiellement dans le registre de la comédie. Vos derniers rôles, notamment dans Madeleine Collins et En attendant Bojangles, sont des femmes vulnérables, parfois doubles. Vous sentez-vous davantage épanouie dans ce registre ?

V. E. : Oui, parce que ce sont des rôles plus complexes, et il est plus facile de jouer des rôles complexes que des archétypes définis par deux adjectifs qualificatifs. Ce qui est génial, c’est de croire totalement aux choses qui se passent et de laisser l’inconscient s’exprimer. Dans les scènes de colère, par exemple, il y a toujours quelque chose qui vous précède.

Avant, lorsque je devais pleurer à l’écran, il fallait que je me mette plein d’images mentales dans la tête. Maintenant, je peux décider que ça vient en huit secondes, grâce à une manière de respirer. C’est le corps qui décide et ensuite, ça va me plonger dans un état mélancolique, ce n’est pas l’inverse. Il faut chercher un endroit d’oubli, quelque chose que vous n’avez pas choisi. Parfois, on touche à quelque chose qui pourrait être un peu juste. Je n’aime pas l’idée de la grande concentration, du sérieux, de la sacralisation. Le cinéma, c’est ici et maintenant.

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Au début, il y a une partie de vous que vous essayez de dissimuler, une vulnérabilité. Jouer m’a obligée à dépasser une pudeur que j’ai perdue complètement sur un plateau. Avec l’expérience, tu sais que rater n’est quand même pas très grave. Jouer mal ou jouer bien, franchement, ces notions sont tellement floues, subjectives. Aujourd’hui, je prends autant de plaisir à lire des mauvaises critiques que des sympathiques. J’ai vu l’article de La Croix sur Benedetta, qui n’était pas bon, eh bien, j’étais très contente de le lire, c’est intéressant.

Avec des rôles parfois extrêmes comme celui de Benedetta, vous allez très loin. Avez-vous le sentiment de vous mettre en danger comme actrice ?

V. E. : Je ne suis pas à l’aise avec ce champ lexical. Parler de mise en danger pour une actrice ou un acteur, c’est un peu fort. Il faut relativiser. Évidemment, cela dépend des personnalités. Il y a des acteurs, et c’est sans doute ce qui fait leur force et leur beauté, qui arrivent avec une très grande vulnérabilité. C’est vrai, il peut y avoir des choses très déstructurantes dans le cinéma.

Je pense, même si c’est moins le cas aujourd’hui, à toutes ces jeunes filles comme Maruschka Detmers ou Maria Schneider qui ont commencé par des rôles très sexués et ont été marquées à vie par ce regard porté sur elles. Il y a aussi ceux qui ont un grand désamour d’eux-mêmes et vivent mal leur surexposition. Personnellement, je me sens d’une grande normalité. Mais c’est peut-être déjà un indice de ma folie ! (Sourire.)

Je ne peux pas rentrer chez moi, retrouver ma fille et ramener tout ce bagage à la maison. Je ne peux pas lui imposer ça. Peut-être le fait d’avoir commencé assez tard le cinéma, d’être passée d’abord par la télévision, d’être belge aussi, m’a donné un autre regard, plus distancié, sur ce métier.

Votre corps est votre outil de travail et vous l’engagez tout entier. Vous sentez-vous différente des actrices françaises, volontiers plus cérébrales ?

V. E. : C’est vrai qu’il y a là aussi une dimension culturelle. Si on pense aux acteurs belges qui travaillent en France – Cécile de France, Bouli Lanners, Benoît Poelvoorde, Jérémie Renier, François Damiens ou Olivier Gourmet –, ils ont une empreinte corporelle un peu différente. Ils sont très présents, très concrets.

J’ai beaucoup fantasmé plus jeune sur toute cette culture parisienne et intellectuelle, dont je ne faisais pas partie justement : la Nouvelle Vague ou ses héritiers, Christophe Honoré, les actrices comme Charlotte Gainsbourg ou Léa Seydoux, qui ont cette sorte de présence-absence. Après, on est obligé de faire avec ce que l’on est. On a sa propre corporalité et ce qui compte, finalement, c’est comment on parvient à s’incarner soi.

Certaines actrices vous ont-elles inspirée ?

V. E. : Jouer, c’est un mélange de beaucoup d’éléments. On cherche en soi, on pique des trucs à d’autres, et il y a tout un imaginaire cinéphilique dans lequel on va puiser. Gena Rowlands, Natalie Wood, Julianne Moore, par exemple, en font partie. Plus récemment, j’ai adoré Jennifer Aniston dans The Morning Show, une série drôle et brillante où elle a un abattage comique génial d’invention. Et puis il y a Isabelle Huppert, que j’aime pour d’autres raisons. Elle a cette capacité incroyable à devenir à elle seule le film, non ?

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Je peux éprouver beaucoup d’admiration pour les acteurs qui arrivent à se transformer complètement, et même parfois rêver de rôles qu’on ne m’offrira jamais, mais j’ai quand même une affection toute particulière pour ceux que l’on pourra toujours reconnaître, qui laissent quelque chose d’eux dans leurs personnages. J’aime, chez des actrices comme Jeanne Moreau ou Simone Signoret, chercher ce que leurs rôles racontent un peu d’elles-mêmes. Si l’on regarde tous leurs films, ils finissent par dresser un portrait en creux de ce qu’elles étaient. Romy Schneider aussi, bien sûr… Et ça me touche infiniment.

Quels liens gardez-vous avec votre pays d’origine et comment vous a-t-il construite ?

V. E. : Je suis née et j’ai vécu en Belgique pendant trente ans, à une époque où l’on était moins focalisé sur les questions identitaires. Je ne comprenais pas très bien alors ce que voulait dire « être belge ». La structure du pays est complexe avec ses deux cultures, ses deux langues. Mais je me sentais avant tout bruxelloise, ça oui, avec ce très grand multiculturalisme que l’on retrouve à Paris et dans toutes les grandes villes sans que ça pose question. Mes deux parents sont belges avec des origines juives et je n’ai reçu aucune éducation religieuse.

N’êtes-vous pas croyante ?

V. E. : Non, pas dans ce sens. Mais je me souviens d’un garçon qui m’avait dit, non pas comme une question mais plutôt comme une affirmation : « Toi, tu es une croyante ! » En fait, je vois ça plutôt comme un état d’esprit. C’est comme avec le cinéma, c’est croire en quelque chose de plus grand que soi. Quand j’étais à l’école Saint-Louis à Bruxelles, j’avais des cours de religion et je me souviens d’un professeur qui parlait du Dieu que l’on a à l’intérieur de nous. C’est une image qui m’avait marquée : comme si ce Dieu-là, je pouvais le capter, le toucher. C’est cette beauté-là qui m’a plu dans le rôle de Benedetta, la beauté de la croyance, de la foi.

Mais pour revenir à la Belgique, c’est à mon arrivée en France que je me suis sentie belge. Là, tout à coup, ça vous caractérise. C’était la fin de « l’ère coluchienne », avec, vous vous souvenez, toutes ces blagues sur les voisins débiles, les cousins un peu dégénérés. Puis, avec Benoît Poelvoorde, c’est devenu : « Vous les Belges, vous êtes tellement sympas, tellement simples ! » La Belgique est un pays moins hiérarchisé, moins ghettoïsé que la France.

Quand je suis arrivée à Paris, c’était fascinant de voir ces groupes de gens définis par leurs convictions politiques, le quartier où ils habitent, la musique qu’ils écoutent, les lieux où ils sortent. Ici, les récits intimes et politiques se confondent, et la contestation est partout. En Belgique, il y a plus de pudeur et donc plus de mélange. J’y retourne souvent pour voir mon père et mon frère, mais ça ne me manque pas, si c’est ça la question – ce n’est quand même qu’à une heure vingt d’ici !

C’est excitant aussi de vivre dans une ville où l’on n’a pas grandi. C’est autre chose, il y a un fantasme possible. Quand j’étais petite, pour moi, Paris, c’était Hollywood. Cela fait quinze ans maintenant que je vis ici, et parfois, je me surprends encore à me dire : « Ah, c’est ma ville ! »

Pourquoi avoir choisi de vous faire naturaliser ?

V. E. : Aucune autre raison que celle de voter. À partir du moment où l’on vit dans un pays, que l’on y paie ses impôts, que l’argent que vous donnez y est redistribué, il me semble normal de vouloir choisir celui qui va décider de tout ça. C’est la seule raison. On n’y gagne rien au niveau fiscal ou quoi que ce soit, hein. J’ai toujours l’impression, quand on me demande ça, qu’il y a une forme de suspicion…

Pas du tout ! Alors, comme l’année se termine, que nous avons traversé des moments difficiles et que 2022 compte une échéance électorale majeure, qu’auriez-vous envie de nous souhaiter collectivement ?

V. E. : Dans cette période de grande crispation avec, en plus, cette idée que l’on arrive à la fin d’un monde et qu’il va falloir prendre un énorme virage en matière écologique, il y a une polarisation des opinions et des groupes de pensée, qui se resserrent sur les extrêmes. Il y a cette phrase (d’Antonio Gramsci, NDLR) qui dit : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. » Je peux comprendre qu’à titre intime, on cède à la peur, qu’on montre du doigt, il y a évidemment quelque chose de très humain là-dedans. Mais je garde une foi, une espérance en l’avenir. Je ne crois pas au « grand remplacement », bien évidemment, et je pense que les voix qui s’élèvent actuellement vont s’éteindre.

Il est très difficile de dire comme ça, sans y avoir réfléchi, ce que l’on souhaite pour l’année prochaine, comme s’il suffisait d’un petit souhait, comme si tout à coup la bonté pouvait arriver dans le monde par grandes vagues, comme si moi-même je n’avais pas une façon très individualiste de vivre. La seule manière de combattre, à mon avis, c’est de tenir bon sur ses valeurs, sur la solidarité, de renforcer son humanisme et de se demander comment faire corps avec le monde.

C’est ce que vous tentez de faire en choisissant vos films ?

V. E. : Je ne sais pas si un film peut changer le monde. Je ne le crois pas. Mais le cinéma, c’est aussi de la culture, du rêve. C’est ce qui nous manque. On a besoin d’un discours d’espérance, et ça, c’est de la croyance : vers où on va, vers quel type de société, de valeurs, quel être humain on a envie d’être. Je ne crois pas que j’aide qui que ce soit avec mes rôles. Mais puisque moi-même je suis sensible à ce qu’un acteur peut apporter d’humanité et, à travers son regard, m’amener à réfléchir sur moi, me permettre de mieux comprendre l’autre et de mieux vivre sans imposer une vision de ce qui est bien ou mal, alors oui, c’est important, parce que ça donne à voir autre chose et que ça nous aide à grandir.

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Ses dates

1977. Naissance à Schaerbeek (Belgique).

1998. Commence une carrière d’animatrice de télévision sur la chaîne belge Club RTL. Participe, entre autres, à « Mégamix » et à « Fan Club ».

2003. Repérée par M6, elle en devient une figure du divertissement. Trois ans plus tard, elle présente « Nouvelle Star ».

2010. Après avoir débuté dans le doublage, elle joue dans plusieurs pièces de théâtre et téléfilms. Philippe Lefebvre lui offre son premier rôle important au cinéma dans Le Siffleur.

2017.Reçoit le Magritte de la meilleure actrice en Belgique pour Victoria, de Justine Triet. Première nomination aux Césars.

2019. Deux nouvelles nominations aux Césars, meilleure actrice pour Un amour impossible de Catherine Corsini et meilleure actrice dans un second rôle pour Le Grand Bain de Gilles Lellouche.

2021. Quatrième nomination aux Césars, meilleure actrice pour Adieu les cons d’Albert Dupontel.

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Un paysage familier

La mer du Nord

« Chaque fois, c’est une nostalgie qui m’envahit. Je connais son odeur, je connais son gris, je connais son ciel bas, ses odeurs de friture. J’aime ce vide, cette beauté qu’on ne peut pas approcher de manière directe, ces endroits frappés par la crise. Il y a quelque chose qui fait que je me sens chez moi. »

Sur sa table de chevet

Le Voyage dans l’Est, de Christine Angot

« Je lis Christine Angot depuis longtempset j’ai joué dans un film tiré d’un de ses livres, Un amour impossible,de Catherine Corsini. Elle traite de l’inceste vécu sous plein de formes différentes. Elle est obsédée par la nécessité de trouver le mot juste pour décrire ce qu’elle a vécu. Dans ce livre (Flammarion, 224 p., 19,50 €), elle parvient à raconter ce que cela produit dans sa tête, le morcellement des choses, comment l’incompréhensible devient compréhensible. Par la littérature, elle a trouvé une manière de regarder sa propre histoire de l’intérieur. »

Des essais

« Quand on a passé 40 ans et qu’on s’est sentie féministe bien avant #MeToo, c’est important de lire pour comprendre. Un corps à soi de Camille Froidevaux-Metterie m’a beaucoup intéressée. J’ai aussi très envie de découvrir Mona Chollet (Sorcières. La puissance invaincue des femmes ; Réinventer l’amour. Comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles,La Découverte, NDLR), que toutes les adolescentes lisent aujourd’hui. »

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