Noël 2021 : coffrets, beaux livres, films… Notre sélection d’idées cadeaux


► Livres et beaux livres

♦ Let It Be, jour après jour

The Beatles. Get Back

Le 2 janvier 1969, les Beatles se retrouvent à Londres pour enregistrer l’album Let It Be. Le travail de John, Paul, George et Ringo, leurs conversations, leurs éclairs créatifs, leurs éclats de rire, les personnes présentes – George Martin, le joueur de claviers Billy Preston, Yoko Ono, Linda McCartney, l’acteur Peter Sellers –, tout est noté et enregistré jusqu’au clap de fin, le célèbre concert du 30 janvier 1969 sur le toit d’Apple Corps. Ce beau livre, préfacé par le romancier Hanif Kureishi, raconte cette aventure artistique jour après jour, en complément d’un film de Peter Jackson diffusé sur Disney +. En une photo, le ton est donné : Lennon quête l’attention de Yoko Ono, Harrison fixe sa guitare, Starr a les yeux dans le vague et McCartney regarde hors champ. Let It Be,sorti en 1970, sera le dernier album des Beatles.

Seghers, 248 p., 39,90 €

♦ Chabrol et ses masques

Chabrol, d’Antoine de Baecque

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Si le réalisateur aux 57 films a su se composer une image d’épicurien, joyeux et débonnaire, l’homme privé, lui, reste un mystère. « J’ai trois masques derrière lesquels je me cache, disait-il. D’abord le masque de bon vivant, puis celui de vieux rigoriste, enfin celui de l’intellectuel. Je les mets les uns sur les autres. Ça tient chaud… » Claude Chabrol a toujours été le meilleur commentateur de lui-même, avec ce mélange d’autodérision et de mauvaise foi qui rend si complexe l’exercice du portraitiste.

→ COFFRET. Tout Chabrol

À défaut d’archives personnelles, l’historien et critique de cinéma Antoine de Baecque s’est contenté de ses « confessions » et d’une exégèse de ses films pour tenter de concilier les trois Chabrol : « le portrait public, la vie tranquille, l’œuvre immense ».

À travers un demi-siècle de carrière, du Beau Serge (1958) à Bellamy (2009), on découvre les paradoxes d’un homme qui fut l’un des pionniers de la Nouvelle Vague sans en reconnaître l’existence, qui alternait chefs-d’œuvre et films mineurs tant était grande sa soif de tourner, pourfendait les mœurs de la bourgeoisie tout en adoptant son style de vie confortable et passait de longues heures devant la télé, fenêtre d’observation sur la société française. Un hommage passionnant et rigoureux à la puissance et à la singularité de ce cinéaste populaire et exigeant, véritable mémorialiste de la France contemporaine, n’ayant pas toujours obtenu la reconnaissance qu’il méritait.

Stock, 728 p., 32 €

♦ La magie de la création

Jouer !, de Christian Hecq et Valérie Lesort

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À la Comédie-Française (Le Bourgeois gentilhomme), aux Bouffes du Nord (La Mouche) ou à l’Opéra-Comique (Le Domino noir), leur tandem est un fabuleux pourvoyeur d’enchantement. Cet ouvrage pénètre dans le fantastique atelier de Valérie Lesort et Christian Hecq. La première est plasticienne, le second, sociétaire de la Comédie-Française. Ensemble, ils inventent un monde de rêve, peuplé de marionnettes poétiques et de créatures extravagantes, où le rire règne en maître. Il y a « une part d’enfance dans tout ce que nous faisons », confie Christian Hecq dans ces lignes recueillies par Chantal Hurault. D’images en images (plus de 300 photos) l’objectif de Fabrice Robin traque les secrets d’une magie tissée d’astuces et de techniques artisanales : sculpture, perruque, maquillage, jeu avec les matières. Une plongée en coulisses qui prolonge l’émerveillement des spectacles.

Photographies de Fabrice Robin, Studio Popincourt, 184 p., 35 €

→ CRITIQUE. Un Bourgeois gentilhomme endiablé à la Comédie-Française

♦ Et moi, émois

Alter Ego. Une histoire du portrait en photographie, de Phillip Prodger

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« Un bon portrait est une expédition psychologique, un voyage artistique qui mène au cœur et à l’âme d’une personne », assure Phillip Prodger. Historien de l’art et conservateur, celui qui a été directeur de la photographie à la National Portrait Gallery de Londres présente un bel éventail de l’usage de la photographie dans l’art du portrait. Portrait de famille, documentaire, portrait de personnalité, de mode ou autoportrait… Plus de 250 photos en noir et blanc et couleur retracent l’histoire de cet exercice particulier, du daguerréotype au selfie numérique.

Mêlant les œuvres des pionniers du XIXe siècle, des grands maîtres du XXe et des artistes contemporains, l’ouvrage propose un parcours thématique transversal témoignant de la variété des approches et des questionnements : quête d’identité, étude anthropologique, jeu de rôles, mise en scène de soi. De l’album de famille à la photographie de rue en passant par le studio, les portraits en quête d’identité de Valérie Belin dialoguent avec ceux de Julia Margaret Camaron ou de Francesca Woodman. De nombreux arrêts sur image, décryptage et commentaire d’une photographie choisie guident le lecteur parmi tous ces visages.

Textuel, 240 p., 55 €

♦ Hockney en son paradis normand

On ne reporte pas le printemps. David Hockney en Normandie, de David Hockney et Martin Gayford

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Jamais son art n’a semblé aussi vert ! « Ici, je me sens revitalisé. Cela m’a donné un nouveau souffle », confie David Hockney au journaliste Martin Gayford, dans la ferme du pays d’Auge où il vit depuis 2019. Exposées hier à la galerie Lelong à Paris et aujourd’hui au Musée de l’Orangerie, ses œuvres généreusement reproduites dans ce livre témoignent de ce « vrai paradis ». Leurs couleurs acidulées, leurs semis de traits frémissants célèbrent la beauté de la nature et l’alternance des saisons. La complicité ancienne qui l’unit à l’auteur nourrit leurs échanges, pétris de références à Van Gogh, Picasso, Matisse, Hokusaï… Comme ce dernier, Hockney s’y révèle un « fou de dessin », pressé de se lever avant l’aube pour saisir un lever de soleil ou de veiller en pleine nuit pour attraper une lune énorme sur son iPad, « le moyen d’expression le plus rapide que j’aie jamais trouvé ». Un épicurien pour qui « il n’y a pas de mauvais temps », ravi par une tempête de neige autant que par une pluie drue sur sa mare. « Ici, nous pouvons garder la folie du monde à une distance respectable », se réjouit-il dans son exil normand.

Seuil, 279 p., 29,90 €

→ EXPOSITION. David Hockney à l’Orangerie : et se déroulent les saisons

♦ À chaque mois son roman

La Kube/la Librairie théâtrale

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Recevoir chaque mois à domicile un roman, une biographie, un livre de poche, un essai choisi spécialement pour soi par un libraire indépendant en fonction de ses goûts et envies : cette belle idée à offrir, La Kube, se décline en deux versions, selon deux tranches de prix – « Originale » à 16 € par mois ou « Majuscule » à 24 € – et existe aussi pour les enfants. Des petits cadeaux (thé, chocolat…) sont joints à l’envoi et des coffrets en éditions limitées sont aussi proposés.

De son côté, la Librairie théâtrale, basée à Paris, propose une box théâtre, à retirer directement au magasin ou expédiée à domicile. Chaque mois, l’abonnement comprend le texte d’une pièce contemporaine, sélectionnée par le libraire, avec une présentation rédigée par ses soins et quelques attentions : un sachet de thé ou un article de papeterie. Selon les formules, la box peut contenir en sus une pièce classique méconnue et/ou un livre surprise. De quoi, comme Musset, goûter le plaisir du « spectacle dans un fauteuil »

lakube.com

librairie-theatrale.com

♦ Gehry en grand

Frank Gehry. Les chefs-d’œuvre, de Jean-Louis Cohen

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Le titre ronflant de ce (très) beau livre consacré au grand architecte américano-canadien Frank Gehry peut légitimement agacer. Jean-Louis Cohen, historien de l’architecture, le justifie en comparant les 40 bâtiments sélectionnés (sur 180 édifiés) à ces ouvrages réalisés par les apprentis pour être reçus maîtres dans leur métier. Éclectique et inclassable, Frank Gehry s’est formé en travaillant sur des espaces commerciaux, puis, imprégné d’art et de technologie, il a sculpté ses constructions à l’intuition. Sa propre maison, pavillon déconstruit qui choqua en 1978, le musée Guggenheim de Bilbao, coup d’éclat en 1997, ou la Fondation Louis-Vuitton en 2014, attestent de son inventivité étonnante mais aussi de ses « tentatives inquiètes de se voir reconnaître comme un architecte différent ».

Flammarion, 384 p., 75 €

→ PORTRAIT. Frank Gehry, « l’art-chitecte »

♦ Créatrices oubliées

Design au féminin. 100 ans, 200 designeuses, de Jane Hall

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Il est des livres dans lesquelles on aimerait vivre. Design au féminin est de ceux-là, car on pourrait s’asseoir dans ses fauteuils aux lignes gracieuses et audacieuses, toucher les matières brutes ou ouvragées, respirer les odeurs des bois ou des cuirs. Bref, un très beau livre sur le design, avec ceci de particulier que toutes les œuvres présentées ont été créées par des femmes. À la manière de la foisonnante et passionnante exposition du Centre Pompidou sur les artistes féminines qui se sont aventurées dans le champ de l’abstraction, Jane Hall, architecte britannique et autrice de cet ouvrage, raconte combien ces designeuses ont été effacées de l’histoire de leur discipline. Souvent éclipsées par leurs partenaires, Aino Aalto, Ray Eames ou Florence Knoll sont pourtant des créatrices de grand talent. Un grand nombre d’entre elles a peut-être connu plus de succès quand elles n’avaient pas de partenaires masculins… Leurs œuvres sont souvent des critiques d’objets familiers, à l’image de la Moveable Chair (1968), fauteuil dont les quatre parties pivotent lorsqu’on change de position, manière de remettre en question le statut de la chaise comme un objet immuable.

Phaidon, 264 p., 49,95 €

► Bande dessinée

♦ La dernière piste de Jonathan

La Piste de Yéshé, de Cosey

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En 1975, les lecteurs du journal Tintin découvrent une nouvelle série de bande dessinée pas comme les autres, proposée par l’artiste suisse Cosey. L’histoire d’une quête intérieure, celle d’un jeune baroudeur, un double de l’auteur nommé Jonathan, arpentant les routes d’Asie. De l’aventure, des intrigues, mais surtout un ton profondément humain, prenant le temps de la rencontre, et au-delà des paysages exotiques de Birmanie, d’Inde ou du Tibet, de l’échange d’expériences, qui ne se font ni sans heurts, ni sans engagements pour la liberté des peuples. La série, qui marqua plusieurs générations, se conclut quarante-six ans plus tard, par un magnifique 17e et dernier tome, ultime voyage dans les montagnes tibétaines avant le retour en Europe du héros. Un beau livre, telle une exposition de papier, rassemblant croquis, aquarelles, souvenirs et notes de création manuscrites, est publié en parallèle aux éditions Daniel Maghen (1).

Le Lombard, 56 p., 12,45 €

► Musées et spectacles

♦ Des ballets en partage

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C’est le cadeau idéal pour les amoureux de l’art chorégraphique. Pourquoi ne pas offrir de la danse, dans toute sa splendeur et sa diversité ? Plusieurs salles proposent des abonnements à partager en famille ou entre amis, mais aussi des chèques-cadeaux qui permettront à leur heureux destinataire de composer lui-même son programme. Pour les balletomanes, l’Opéra de Paris reprend cette saison plusieurs chefs-d’œuvre du répertoire, Don Quichotte, La Bayadère et Giselle. Côté création contemporaine, la Maison de la danse à Lyon voyage avec entre autres en janvier Dans ce monde, le spectacle familial de Thomas Lebrun (repris au Théâtre national de Chaillot en mai, photo), puis en février avec la São Paulo Dance Company, venue du Brésil. On prend le large aussi à Chaillot en février avec une foisonnante biennale de flamenco.

maisondeladanse.com
theatre-chaillot.fr
operadeparis.fr

♦ Un « Pass » pour l’art à volonté

Museums-PASS-Musées

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Les habitants de l’Est ont bien de la chance. Pour 112 € par an, le Museums-PASS-Muséesdonne accès à 345 musées, châteaux et jardins d’Alsace, de Rhénanie-Palatinat et de Bade-Wurttemberg et des cantons suisses de Bâle, d’Argovie et du Jura. Il y en a pour tous les goûts : de « Goya » à la Fondation Beyeler(photo) à « La Sculpture des Adam » au Musée des Beaux-Arts de Nancy en passant par « Cinq siècles de satire graphique » au Musée Tomi-Ungerer de Strasbourg. Il permet même d’inviter cinq jeunes de moins de 18 ans. Des villes comme Paris ou Lyon proposent aussi des cartes ouvrant l’accès à tous leurs musées municipaux, ainsi que les grands musées nationaux. Les tarifs oscillent de 25 € pour les musées de Lyon à 80 € pour le Louvre et le Musée Delacroix. Pensez aux formules « duos » qui permettent d’inviter un ami à moitié prix !

museumspass.com

► Musique

♦ Des pépites en vinyles

Diggers Factory.com

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Amateurs de vinyles rares, collectors, introuvables, la Diggers Factory travaille pour vous. Cette start-up française a lancé il y a un an des « Box Vinyle » déclinées en huit offres : de la plus simple (un mois/un vinyle, 27 €), à la plus complète (12 mois/deux vinyles/38 € par mois), chacun peut choisir parmi une sélection de six disques chaque mois. Éclectique, Diggers Factory propose aussi bien des trésors du patrimoine en partenariat avec l’INA – Joséphine Baker en espagnol, un inédit de Gainsbourg à Radio France –, que des artistes émergents, soutenus financièrement par un système de précommandes, comme Mezerg, brillant pianiste électro français. On peut aussi piocher dans son riche catalogue d’éditions limitées, dont le vinyle des musiques des James Bond. Et pour chaque disque acheté, Diggers Factory paie 8 € de droits aux auteurs.

diggersfactory.com

♦ Brahms, version originale

Johannes Brahms. Pianos Concertos, d’András Schiff

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Il le dit lui-même, en introduction de ses concerts : le pianiste András Schiff ne choisit plus ses programmes que par désir et profondes affinités. C’est ainsi qu’il revient et revient encore à Jean-Sébastien Bach (2), où il retrouve des « monuments » du répertoire qui ravivent sa curiosité d’interprète et sa réflexion de penseur de la musique. Dirigeant, depuis le clavier, l’Orchestra of the Age of Enlightenment, il propose ainsi une lecture renouvelée des deux concertos pour piano de Johannes Brahms. L’auditeur s’étonnera peut-être de la sonorité plus feutrée que brillante, plus délicate qu’imposante, de l’instrument daté de 1859 que l’artiste a choisi afin de restituer les couleurs originales des œuvres. Mais la séduction prend aussitôt le dessus, instaurant un dialogue irrésistible de spontanéité et, en même temps, de profondeur, entre le soliste et l’orchestre. On distingue les lignes cachées au cœur de la partition comme celles d’un paysage illuminé par le soleil après la pluie : plus de netteté mais aussi plus de fraîcheur, un éclat juvénile d’aube du monde…

2 CD, ECM, 28 €

→ PORTRAIT. András Schiff, l’esprit du piano

♦ Jeune Mozart, grand génie !

Mozart. Mitridate, Re di Ponto, dirigé par Marc Minkowski

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À la tête des Musiciens du Louvre à leur meilleur, Marc Minkowski n’a besoin que de quelques mesures pour nous rendre« addict ». Autant aux traits vifs, énergiques, qui fusent avec insolence, qu’aux instants suspendus, nimbés de charme et de délicatesse. Créé à Milan par un jeune Mozart de 14 ans déjà totalement maître de son sujet, cet opéra encore trop rare sur les scènes lyriques exige des voix exceptionnelles pour se mesurer à la virtuosité très italienne de la partition.

Le contrat est rempli, haut la main, dans cette nouvelle version que l’amateur de beau chant se doit d’ajouter à sa discothèque. Transformant en or tout ce qu’il touche, le ténor américain Michael Spyres se glisse dans la psychologie tourmentée du roi Mitridate avec les trésors de son timbre chaleureux comme un soleil et la noblesse de son style. À son côté, une équipe féminine féérique (Sabine Devieilhe, Julie Fuchs, Elsa Dreisig), sans oublier le contre-ténor Paul-Antoine Bénos-Djian, étoile montante à suivre attentivement, et le ténor Cyrille Dubois qui mérite lui aussi tous les éloges. Emportée dans l’élan et l’éloquence insufflés par le chef, cette « galerie » vocale nous fait parcourir la géographie des sentiments humains, des plus tumultueux aux plus extatiques.

3 CD, Erato, 23,99 €

♦ Sa majesté Renaud

Putain de Best of !, de Renaud

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De son vivant, Renaud est déjà entré au musée pour l’exposition de la Cité de la musique en 2020. Il a reçu l’hommage de ses pairs avec le double CD La Bande à Renaud (Fontana/Universal). Voilà maintenant le Best of collector qui donne la mesure de son empreinte sur la chanson française. Un spectaculaire coffret coloré replace le chanteur dans son paysage naturel, le quatorzième arrondissement de Paris. Autour de la Porte d’Orléans et du parc Montsouris, les adresses de Renaud, contées par la normalienne Johanna Copans, sont illustrées par Gérard Lo Monaco. Le plus spectaculaire du coffret est son double vinyle d’un bleu lumineux qui va à l’essentiel : « Mistral gagnant », « Miss Maggie », « Manhattan-Kaboul » (avec Axelle Red), « Toujours debout », « J’ai embrassé un flic » Les amateurs de chansons se délecteront du triple CD qui contient 60 titres restés dans nos mémoires. La palette de Renaud s’y déploie de la révolte d’« Hexagone » à la tendresse de « En cloque » ou « Morgane de toi », de l’humour de « Laisse Béton » à l’aspiration à prendre le grand large « Dès que le vent soufflera ».

3 CD, 2 vinyles, un puzzle, un jeu de dominos, une affiche, un livret… Parlophone/Warner Music, 84,99 €

► Cinéma

♦ Ava rencontre le Hollandais volant

Pandora, d’Albert Lewin

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Jamais un film ne s’est autant confondu avec la vie de son actrice principale. Lorsque Ava Gardner, dont la liaison sulfureuse avec Frank Sinatra défraie la chronique, se rend pour la première fois en Espagne pour le tournage de Pandora en 1950, elle est fascinée par le pays et ses traditions. Au point qu’elle y résidera treize ans et vivra une grande histoire d’amour avec le célèbre torero Luis Miguel Dominguin.

Dans ce film, devenu un classique de l’âge d’or hollywoodien, elle incarne une chanteuse américaine séjournant dans un village d’Andalousie qui enflamme les cœurs des hommes, dont un torero, mais n’a d’yeux que pour l’énigmatique Hendrick van der Zee (James Mason). On dit que cet homme qui vit sur un yacht n’est autre que le Hollandais volant de la légende, condamné à errer sur les océans jusqu’à ce que l’amour d’une femme le délivre de ce sortilège. Réalisé par Albert Lewyn, producteur et esthète, ce chef-d’œuvre du romantisme baigne dans une atmosphère poétique et surréaliste, magnifiée par un Technicolor qui méritait la splendide restauration et le coffret doté d’un fascicule de 160 pages écrit par Patrick Brion, que les éditions Carlotta lui consacrent.

Carlotta Films, 50 €

♦ Hommage à Tavernier

Bertrand Tavernier, la collection

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Quelques mois après la disparition du réalisateur, Studio Canal, en collaboration avec l’Institut Lumière de Lyon, rend hommage au cinéaste avec l’édition de ce coffret qui rassemble 18 de ses films.De L’Horloger de Saint-Paul, son inoubliable premier long métrage en 1974, à Quai d’Orsay en 2013, il rend compte, à travers cinq décennies, de l’évolution et de la diversité de son travail. Le projet en avait été conçu de son vivant, mais ne constitue pas une intégrale à proprement parler de son œuvre puisqu’il y manque quatre films de fictions, dont le splendide Autour de Minuit,ainsi que son documentaire Voyage à travers le cinéma français,sorti en 2016, exploration de sa cinéphilie personnelle et des liens qu’il entretenait avec un certain cinéma français classique. Cette nouvelle édition bénéficie des dernières versions restaurées de ses films et de bonus, variables selon les titres, mais qui comprennent de nombreux entretiens avec le cinéaste. Un livre de 80 pages, préfacé par Thierry Frémaux, revient sur la genèse de chacun de ses films.

18 films + 1 livre préfacé par Thierry Frémaux, Studio Canal, 139,99 € (DVD)
ou 149,99 € (Blu-Ray)

→ PORTRAIT. Mort de Bertrand Tavernier, cinéaste passionné et lyrique

► TV et plateformes

♦ Le ciel n’attend pas

Ovni(s), de Clémence Dargent et Martin Douaire

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Bienvenue dans les années 1970, époque des chemisettes en nylon et du JT de Jean-Claude Bourret où les ovnis (objets volants non-identifiés) s’invitaient régulièrement avec le plus grand sérieux. Voici Didier Mathure, ingénieur en aérospatiale, placardisé au Gepan, bureau (réellement fondé en 1977) chargé de démêler le vrai du faux en matière de « visites » extraterrestres sur notre bonne vieille planète. Cet esprit scientifique, aux prises avec une vie de famille désordonnée, a pour mission de fermer ce service marginalisé aux dossiers plus abracadabrants les uns que les autres. Interprétation délectable, de Melvil Poupaud, Michel Vuillermoz, Quentin Dolmaire et Daphné Patakia, dialogues vif-argent, scénario astucieux et esthétique vintage, la série est une absolue réussite, drôle et touchante !

DVD (25 €) et Blu-ray (36 €), Éditions Canal+

→ GRAND FORMAT. Chasseurs d’ovnis, les pieds sur Terre

♦ Une fenêtre sur le monde

Tënk

Et si pour changer de Netflix, vous offriez un abonnement à l’une des toutes premières plateformes entièrement consacrée aux documentaires ? D’autant que ses concepteurs, loin des vallées californiennes, sont installés à Lussas, village d’Ardèche qui organise, chaque année depuis la fin des années 1970, les États généraux du documentaire. L’aventure utopique et coopérative a vu le jour en 2016 et offre, grâce à une programmation exigeante et très riche, une fenêtre sur le monde. Nouveautés, coups de cœur, festivals, rétrospectives ou rencontres avec une œuvre : le contenu, éditorialisé pour nous orienter, est enrichi de sept nouveaux films chaque vendredi. La plateforme permet d’offrir un abonnement annuel (60 €), semestriel (33 €) ou trimestriel (18 €). Un film, réalisé en 2020 par Claire Simon, Le Fils de l’épicière, le maire, le village et le monde relatait cette aventure numérique.

on-tenk.com

► Jeu vidéo

♦ Dans la forêt des esprits

Kena. Bridge of Spirits, sur Playstation 4, Playstation 5 et PC

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Et si vous vous offriez un voyage enchanteur au cœur d’une forêt luxuriante peuplée d’esprits en peine ? C’est ce que propose Kena. Bridge of Spirits, le premier jeu du studio indépendant Ember Lab, qui a fourbi ses armes dans le cinéma d’animation. Et ça se voit ! Le jeu n’a rien à envier aux chefs-d’œuvre de l’animation en 3D. Comment résister, par exemple, aux adorables « Rot », petites boules de poils noires et facétieuses qui assistent l’héroïne tout au long de l’aventure ?

L’aventure, justement, nous met dans la peau de Kena, une jeune femme chargée d’aider les esprits errants, voire hostiles, de certains défunts à trouver le repos. Un émouvant scénario servi par des mécaniques de jeu classiques mais maîtrisées, entre exploration, énigmes simples et combats assez ardus (mais jamais frustrants) contre des ennemis au design parfois terrifiant.

À partir de 12 ans. Ember Lab. 49,99 €

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